Depuis que les lecteurs de livre électronique sont en vogue on commence à parler de piratage. Effectivement, un support numérique est dans l’absolu piratable. On peut le copier sans aucun soucis, reste à faire sauter ensuite les verrous logiciel et/ou matériel sur les lecteurs afin de les réutiliser ailleurs.
Là n’est pas le point, on trouvera toujours d’ingénieux pirates capables de trouver les failles dans les systèmes de DRM et les exploiter. En revanche et c’est là que je souhaiterai en venir, copier des livres ce n’est pas comme copier de la musique, des séries télévisuelles ou du cinéma. Tout le monde écoute de la musique, tout le monde va au cinéma et regarde la télévision, c’est assez simple, accessible et le piratage à un vrai sens pour ces usages. Mais copier des livres électroniques signifierait que les utilisateurs lisent et c’est là que cela coince pour moi. Je serais personnellement ravi de savoir que tous les jeunes collégiens partagent, à la sortie de l’école et sur leur réseaux préférés, des fichiers de Racine, Rimbaud ou Hugo.
Certes il y aura des fichiers d’e-book copiés, quelques best-seller, le Goncourt de l’année ou le Renaudot, mais cela restera à mon avis assez marginal avec un impact proche de celui des bibliothèques municipales ou autres systèmes de partage de livres entre voisins ou communautés. Peut-être y aura-t-il plus d’impact pour le monde de la bande dessinée ou la presse écrite, mais cela est déjà bien établi il me semble.
Nous allons voir en cette année 2010 comment ce monde du livre électronique va évoluer. Cela sera probablement passionnant. Nous avons de notre côté investi dans un lecteur et quelques livres, pour démarrer, le ressenti est excellent à l’usage. Il ne reste plus qu’à attendre la baisse de la TVA sur les livres électroniques, mais c’est une autre histoire.

