L’e-commerce est une aventure passionnante. Les lignes bougent, il n’y a pas encore de vrais standards, tout le monde invente, tente, innove, change de cap. Il y a donc de la place pour des nouveaux entrants et il parraît que le secteur est porteur.
Mais avant de se lancer, si l’e-commerce n’est pas dans le prolongement de votre activité actuelle, il faut être conscient de quelques réalités.
- il faut travailler en amont : validez votre concept, le marché sur lequel vous souhaitez vous lancez ne doit pas avoir de grand secrets. Qui sont les acteurs principaux, quelles sont les marques, les distributeurs, les grossistes, les sources d’approvisionnement, la clientèle. Qui sont vos concurrents, comment sont-il positionnés sur le marché (discounter, service à valeur ajoutée, généraliste, spécialiste), quel est leur achalandage, quelle est leur marge actuelle, gagnent-ils de l’argent (cf bilans comptables par exemple) ?
- il faut de l’argent : mise en place du site marchand, de la charte graphique, des fonctionnalités, du back-office, de l’hébergement, du référencement, de l’inscription dans les catalogues virtuels, des places de marchés, des comparateurs de prix. Tout cela coute de l’argent up-front, si vous n’en avez pas il vous faudra trouver de l’amorçage et aller voir les banquiers avec un dossier bien ficelé, sachant qu’en règle générale on gardera à l’esprit : on ne prête qu’aux riches et on ne finance pas du stock. Sachez que les premiers à gagner de l’argent avec votre site e-commerce seront les transporteurs, les fournisseurs, la technique (hébergement, conception, …), l’état et les partenaires sociaux, vos clients si vous êtes sur un marché où le prix est important.
- il faut convaincre vos partenaires : pourquoi un fournisseur partirait-il avec vous, quelles sont vos atouts, vos chances de réussir, quel business pourra-t-il faire avec vous à court, moyen et long terme ? Pourquoi vos amis vous aideraient-ils, leur vie est bien rangée, il n’ont pas vraiment de raison de prendre des risques, ils ne connaissent pas bien le domaine dans lequel vous souhaitez vous lancer ? Pourquoi quelqu’un viendrait-il travailler avec vous ?
- pouvez-vous vous appuyer sur Internet : certains marchés sont très proches de l’Internet et de ses utilisateurs les plus ferus, d’autres moins. Pensez vous pouvoir rassembler avec des pratiques telles que l’e-mailing, les réseaux sociaux, les campagnes de parrainage ou d’affiliation. Ne vous trompez pas sur ce point, le levier est grand mais il faut le prendre par le bon côté.
- il faut du temps : votre boutique est en place, la première commande arrive (vous ne savez pas comment), c’est l’affolement : sortie de stock, information client, édition de la facture, validation du paiement, emballage, petit cadeau de bien venu (vous y aviez pensé bien sûr), édition de l’étiquette pour le transporteur (à la main ?). Ok, vous y avez passez 1h30. Si demain matin il y a 10 commandes à traiter vous faites comment ? Le temps est précieux et les clients n’attendent pas, il faut donc mettre en place des priorités (gestion des colis, réponses aux clients, inventaire, commande fournisseur, rangement) le tout étant rythmé par l’arrivée et le départ des transporteurs (collecte et livraison). Si votre collecte passe à 15h00, vos colis devront être prêt à 14h55, à quelle heure peut donc être prise la dernière commande avant de basculer sur la journée suivante ? Combien de temps pour chaque tâche (gestion d’une commande, création d’un produit, commande fournisseur, SAV) ?
- il faut être prêt à tous : dans l’e-commerce on croise de tout, des clients passionnés et de très embêtants, des fournisseurs sérieux et d’autres moins, des transporteurs qui n’en font qu’à leur tête, des serveurs informatiques qui décident de s’arrêter, des pirates sur Internet qui vous veulent du mal, des concurrents avec des pratiques incompréhensibles. Etonnez-vous, mais prenez du recul sinon c’est l’ulcère assuré.
- il faut être bien entouré : votre famille, vos amis, vos partenaires, vos collègues, ils seront conseils. Présentez leur vos points de vue, votre approche, votre stratégie et écoutez-les. Ils sont comme vos clients, exigeants, sauf qu’ils ne seront pas vos clients. S’ils vous disent qu’ils n’ont pas compris ou réussi à faire quelque chose avec le site marchand, posez vous les bonnes questions, retravaillez votre copie, ils ne sont peut-être pas malins mais ils sont comme vos clients. Bref, il faut être humble. Bien entouré aussi car l’activité d’entreprise est chronophage en générale et dans l’e-commerce en particulier. Allez vous répondre à un client à 22h00 ou un samedi après-midi ? Allez-vous préparer des colis le dimanche pour avoir un peu de temps le lundi matin ?
- il faut savoir déléguer : si vous êtes partis à plusieurs, chacun doit être très pointu sur des sujets, vous ne pourrez pas tout faire. Si vous êtes seul, quand pourrez-vous faire entrer quelqu’un pour vous épauler et que lui donnerez-vous à faire ?
- il faut être attentif : que font vos marques, que font vos fournisseurs et distributeurs, que font vos concurrents, que penses vos clients et vos prospects ? Utilisez tous les outils à votre disposition pour vous renseigner, l’Internet en premier lieu avec des alertes, des abonnements aux lettres d’information, vos adhésions aux groupement de commerçants, des flux rss, les réseaux sociaux. Lisez la presse si elle existe, en France mais aussi à l’étranger. Mais n’hésitez pas également à être client de vos concurrents pour mieux comprendre comment ils travaillent, par exemple sur un produit qui vous pose des problèmes (trop gros, trop petit, difficile en terme d’approvisionnement).
- il ne faut pas s’endormir : la boutique tourne, vous rentrez un peu de trésorerie, parfait. Mais qu’allez vous faire maintenant ? Embaucher, déléguer, sous-traiter, faire évoluer le site, ajouter des nouveaux produits, de nouvelles gammes, de nouvelles marques ? Faire des salons, du sponsoring sportif, du réseautage ? Vos concurrents avancent eux. Certes ils sont peut-être plus gros que vous, ont plus de personnel… mais ils avancent.


